"La Hague ... Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe du Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employée par le centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel. D'autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire."
Voilà pour le côté racoleur du livre....
En fait ce livre est beaucoup plus que cela ; je le résumerais plutôt ainsi : la narratrice s'est perdue à elle même ; elle flotte dans la vie ; autour d'elle d'autres personnes elles aussi entre deux eaux. Peu à peu, chacun va retrouver sa Vérité, au fil des événements, les uns avec les autres ; plus exactement les uns grâce aux autres.
Malgré tout, vous serez encore très loin de ce qui fait la richesse de ce roman. Claudie Galley a su créer une atmosphère ; par de petites phrases, un style bien à elle, elle a su nous retransmettre, au jour le jour, les sentiments, les émotions, et les doutes de sa narratrice.
Autre résumé possible, contenu dans ce petit extrait p.207 d'un livre de presque 600 pages :
"Les questions, les réponses, ce complexes tricotage de mensonges et de vérités. Les choses dites en décalé, celles dites seulement en partie et celles qui ne seront jamais. Toutes les teintes du contre-jour."

"Je savais que l'on pouvait pouvait rester très longtemps comme ça, les yeux dans la mer, sans voir personne. Sans parler. Sans même penser. Au bout de ce temps la mer déversait en nous quelque chose qui nous rendait plus fort. Comme si elle nous faisait devenir une partie d'elle."
(extrait p.327)
Bref, j'ai beaucoup aimé !
Edit du 22/10/10 : du même auteur, vous trouverez à la bibliothèque L'amour est une île
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