Mais ma plus grande passion étant la lecture, j'arrive de temps en temps malgré un emploi du temps chargé, et des lectures secondaires sans importance, à lire un livre justifiant un court billet.
C'est ainsi que je me suis plongée ce week-end dans la prose d'un de mes auteurs préférés: David Lodge.
J'aime beaucoup cet auteur, et l'humour typiquement britannique avec lequel il décrit la micro société des universitaires, mettant en valeur la jalousie, les mesquineries et surtout l'univers étroit dans lequel ceux-ci se complaisent.
J'ai donc lu "La vie en sourdine":


Si je retrouve toujours son style dans le présent ouvrage, celui-ci m'a beaucoup plus touchée ; sûrement parce que l'histoire se passe en grande partie hors de son monde fermé habituel, et que de ce fait je peux mieux m'identifier au héros qui est un professeur en retraite depuis 18 mois ressentant de plus en plus sa solitude du fait d'une perte de vie sociale intense mais, vie, qui était essentiellement liée à sa profession.
Cette solitude est accentuée par une surdité, qui malgré des appareillages perfectionnés, ne lui permet pas de suivre une conversation dans un environnement bruyant.
De ce fait, paradoxalement, au moment où il sort par force de son monde fermé, il se retrouve dans un monde encore plus fermé.
Malgré le regard distant que David Lodge essaie toujours de garder, transparaît une grande souffrance et beaucoup de nostalgie.
Beaucoup d'émotion aussi lorsqu'il parle de son père et nous montre la dégradation liée à la vieillesse et une encore plus grande solitude...
Heureusement, malgré tout, l'humour reprend son droit et il sait toujours brocarder ses compatriotes ; par exemple sa description d'un "central parc" anglais est un pur moment d'anthologie.
Et puis quand on est universitaire et enseignant, on le reste à vie ; il m'a donné envie d'en savoir plus sur la linguistique et l'aide que celle-ci peut apporter dans la compréhension des phénomènes humains ; et ce, même si les recherches à partir de pseudos lettres de suicidants m'ont fait souvent sourire.
Autre exercice intéressant : lorsque dans un même chapitre il écrit un paragraphe à la première personne, le suivant à la troisième, puis à nouveau à la première etc... pour nous faire comprendre à quel point notre regard change selon la manière dont le texte est présenté.
Bref, je me suis régalée ce week-end... D'autant qu'il y a malgré tout un fil conducteur avec un très léger suspens !
Edit du 22/10/10 : La vie en sourdine de D. Lodge est disponible sous la cote R.LOD
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